dimanche 15 avril 2012

The End.

C'est fini pour ce blog.
Maintenant, ça se passe .
Une sorte de revue de presse de tout ce qui retient mon attention...

mercredi 9 novembre 2011

vendredi 2 septembre 2011

Tour du Vignemale : J1 - A visto de naz...

Rejoignez moi encore une fois pour sillonner les fraîches estives pyrénéennes durant 4 jours de randonnée et autant d’aventures ! Cette rentrée, je vous propose de nous replonger au coeur de l’été pour un Tour du Vignemale épique, mais surtout magnifique.

(Previously, on "Tour du Vignemale" : le carnet de bord)

Jour 1 - A visto de naz...

Cette année, entre les lendemains de bringue qui déchantent des uns et les obligations "familiales" des autres, le rendez-vous est pris le jour même du départ, à Lourdes (65), divin carrefour de nos provinces respectives.



A 7H30, alors que la synchro entre l'équipage local (GG + Lolo) et celui toulousain (Peïo + Bouchal, pourtant partis de loin) est parfaite, Balm's - qui a ramassé Bumbet sur Tarbes - gare sa carrioles sur le parking du funiculaire avec les habituelles 15 minutes de retard qui le caractérise.



Rien de trop pénalisant puisque nous faisons aussi halte à Luz-Saint-Sauveur (65) pour ramasser quelques chocolatines et les miches de pain qui devront nous permettront de tartiner pour les 4 prochains jours.

Il n'est pas loin de 8H30 quand nous réveillons Gavarnie (65) pour atteindre dans la foulée le barrage d'Ossoue (1835 m). Enfin presque atteindre puisque le Basque se plaint déjà du parking que j'ai choisi, 500 mètres en léger contrebas du lac homonyme. Déjà trop loin pour lui semble-t-il. C'est pas comme si on allait manger plus de 50 bornes en 4 jours...


Notre Tour du Vignemale commence en free-style puisque après quelques décamètres sur le couru sentier HRP (Haute Randonnée Pyrénéénne), on doit quitter sa nette trace pour s'aventurer à droite, dans des estives au parcours plus énigmatique. Comme souvent la carte IGN ne présente qu'un louche trait de pointillés censé aider plutôt les skieurs de randonnée que les randonneurs sans ski. On repère bien une cabane deci, un modeste cairn delà, mais rien de franc et l'aventure commence "a visto de naz" comme on dit plus bas dans la vallée...


On saute un ruisseau, on attaque un rempart, on boit un trait d'eau, on joue à se faire peur en pensant croiser une vipère mais le rythme est des plus respectable.

Un oeil sur la carte, Un autre à la recherche de tas de pierres, Lolo vise maintenant le vallon d'à côté. On est même rassuré par quelques t-shirts et casquettes qu'on aperçoit plus bas et qui évoluent vers un col dont nous faisons aussi notre prochain "checkpoint".



On prend le temps d'admirer les belles crêtes qui nous entourent quand quelques cailloux claquent plus loin. C'est le signe qu'une chevraie d'isards s'élance en face avec le même objectif que nous, dextérité et vitesse en plus. A titre personnel, je me rassure en me disant que seule la vingtaine de kilos que je tracte m'empêche d'en faire autant. Loin d'être ridicules face aux bestiaux, nous rejoignons la hourquette cible... 15 minutes plus tard. On en profite pour avaler quelques barres de céréales mais surtout pour constater que le col, ouvert aux quatre vents, débouche sur... une abrupte falaise. Infranchissable pour les modestes bipèdes que nous sommes.



Il faut donc rebrousser chemin - sans honte ni regret - pour atteindre un colet oublié 1 heure avant dans la cuvette d'à côté : le port du Pla D'Aube (2432 m). Rien de grave, aucun refuge ne nous attend ce soir et la soupe n'y sera donc pas froide.



Le franchissement de ce dernier obstacle français nous ouvre la voie des vertes moquettes espagnoles du Val d'Ara. Nous les dévalons sans délai pour nous nicher dans une petite rade du rio local et prendre le premier déjeuner collectif du trip. Le pain est encore frais et accueille les larges et habituelles rondelles de saucisson. Les salades en boite - merveilles de l'industrie agro-alimentaire - deviennent par contre chaque année un peu plus infâme. Un peu de rouquin fait passer leurs vils arômes et on apprécie toujours plus un verre de rouge à 2000 mètres qu'à 200 mètres d'altitude...


De quoi nous redonner le courage nécessaire pour attaquer la remontée du vallon, qui devrait nous occuper la fin de journée. 

Le ciel est depuis ce matin à tendance azur mais le vent a déjà commencé à assembler le puzzle des nuages au-dessus de nos têtes; la soirée pourrait être agitée...




Le long zigzag au milieu des vaches ibères nous amène au bout du vallon et au pied de la dernière et majeure difficulté de la journée : un escalier monumental à trois paliers (et autant de lacs) qui devrait nous mener au lieu de bivouac prévu : le lac de Bramatuero Alto (2500 m) D'ailleurs, deux "raiders" espagnols confirment à notre navigateur basque (et bilingue) que le chemin sera "muy longo".


Dès lors, la série de squats que nous inflige les escaliers de caillasse supplicie le groupe. Il y a 7 heures qu'on crapahute et les quadriceps de Peïo se crispent et le crampent. Le landais serre les dents, devant se rappeler aussi de nos précédentes odyssées et des bons moments qu'elles savent aussi réserver.

Pour ne rien arranger, dans cette zone finalement peu fréquentée, on cherche en permanence un chemin qui semble ne pas exister. On prendrai bien le temps de bâtir quelques cairns mais comme le ciel se bouche, on préfère enchaîner. Le premier lac atteint amène une certaine satisfaction, mais surtout la vue de la raillère qu'il faut se taper pour atteindre le second. Et les raillères, comme dit le basque, c'est "un pas en avant, deux pas en arrière" (sic) : des flancs dégoulinant de pierraille de petit calibre qui vous écoeure en efforts vains.



A la sortie de ce marécage granitique, la technicité d'un passage saupoudre même la troupe d'un poil de stress et Patrice, plus habitué aux joutes rugbystiques qu'à celles des sommets, se tend quelque peu dans le raidillon que nous espérons final.

C'est l'heure de la débauche quand une goutte, puis deux, puis une averse glacée s'abat sur le groupe. Il ne faut pas traîner pour nous protéger; ce soir il n'y aura pas de refuge pour nous réchauffer et le dernier col n'est pas encore en vue. On bâche tant bien que mal nos sacs, énormes et augmentés des tentes Quechua. D'autant que le vent de dos pulse fort et gonfle nos ponchos comme s'il s'agissait de voiles. On avance à tâtons dans la pierraille et pour ajouter un peu de fraîcheur au tableau, on traverse même un reliquat de névé à l'approche du point le plus haut de la journée, le Collado del Letrero (2600 m). Bientôt 19H00 et on bascule vers le dernier lac alors que la (première) averse se calme sous le regard curieux d'une nouvelle harde d'isards. 


On pousse l'escapade jusqu'à trouver d'accueillantes murettes qui protégeront le bivouac 100% sauvage de notre première nuitée.

Une innovation qu'il nous tardait d'inaugurer même si on cherche en vain d'idéaux greens d'herbe grasse. A près de 2500 mètres d'altitude, il ne fallait pas rêver. A peine le temps de déployer les Quechua et une première giboulée nous invite à débrieffer la journée deux par deux, en intérieur. Nous sommes satisfaits de cette première étape mais la soirée est aussi sombre que sobre. Les mornes monts nous enserrent, le crasseux plafond nuageux nous écrase, le moral est bas sur ce haut plateau espagnol.


On profite d'une accalmie pour nous réchauffer de quelques "noodles" pris à la hâte, mais c'est déjà l'heure du dessert et une dernière récidive orageuse nous précipite sous nos toiles.On s'échoue pour une nuit presque aussi fatigante que la journée; nous avons dû rentrer nos affaires sous la toile et passons notre sommeillons tassés, matraqués par les averses, et endoloris par la piètre qualité du « sommier » granitique. Nous rêvons tous au même soleil qui seul pourra sauver la journée de demain, voir le reste du trip.

A suivre...

samedi 27 août 2011

Tour du Vignemale : le carnet de bord !



Rejoignez moi encore une fois pour sillonner les fraîches estives pyrénéennes durant 4 jours de randonnée et autant d’aventures ! Cette rentrée, je vous propose de nous replonger au coeur de l’été pour un Tour du Vignemale épique, mais surtout magnifique. Une route épique disais-je, mais laissez-moi avant tout faire le tour de l'équipe...


... avec par ordre d’apparition (de gauche à droite) :

  • Patrice, dis « Bumbet », dit « PaPa »...
Ancien sportif de haut niveau reconverti dans l’enseignement et l'entraînement, le petit nouveau représente donc le parfait alliage de la Force et de l’Esprit. Mais ces belles prédispositions seront-elles suffisantes pour que ce voyage inaugural fasse du badaud des coteaux un caïd des cimes ?



  • Laurent, dit « Lolo », dit « Le Basque »...
Impeccable navigateur depuis le début de nos aventures (voilà 4 ans !), les crêtes sont ses vagues, les vallons sa houle. Impeccable, mais forcené aussi, car basque après tout : il a toujours cru que les courbes de niveau des cartes IGN étaient autant de chemins, n'acceptant qu'à contrecoeur lors de nos longues traversées de lâcher quelques mètres d'altitude, c'est le Ramuntxo de l'iso, le roi de la montagne.

  • Ma pomme...
No comment.


  • Pierre, dit « Peïo », dit « le Poét Poét », dit « Lou Landeus »
Poète landais écorché vif, comme le pin saigné dont il déclame tant la pénible histoire, Peïo est maintenant de toutes nos aventures altimétriques. Son grand âge fait sa sagesse, et sa sagesse fait de lui le véritable guide spirituel du groupe. Et la marmotte, elle met le chocolat...



  • Sylvain, dit « Bouchal », dit « Le Gendre Idddréal »
Marié et père de 2 magnifiques enfants, ce JCDRTVA (Jeune Cadre Dynamique Résolument Tourné Vers l'Avenir) a tout réussi dans la vie et cherche un nouveau défi à relever. Testé avec succès lors d'un gros week-end "Mont Perdu" il y a un an, ce gendre décidément idéal rallume sa lanterne (rouge) pour fermer notre tortillard.

  • Frédéric, dit « Bal’ms », dit « La Blonde »
Plus que jamais en guerre avec son coiffeur, le blond véliplanchiste me fait le plaisir de descendre une fois encore de sa frêle embarcation pour venir constituer un pilier de notre groupe. Nouvelle formulation de crême solaire oblige, c'est avec encore plus d'entrain que l'année précédente qu'il s’élance encore à l’assaut des plus hautes sommets pyrénéens.

mercredi 22 juin 2011

TV : et si c'était le nouveau crédo d'Apple...

Et si le téléviseur du salon était le prochain terrain de conquête de la marque à la pomme ? Je ne parle pas d'un boitier type Apple TV, mais d'un vrai téléviseur.


D'une part, le marché de la TV est mature. Et énorme. Donc je pense qu'il est prêt pour une révolution !


A part passer pour un c** avec ses lunettes sur le nez, ça n'apporte franchement pas grand chose. Et deux fois par an au cinéma, ça doit suffire pour ça.

2- Les téléviseurs sont moches.
Qui fait aujourd'hui de jolis téléviseurs ? Personne. Allez chez Darty ou à la FNAC et à 5 mètres vous serez incapable de distinguer la différence entre un SAMSUNG, un LG, ou un SONY...

3- Tout le monde a déjà sa première TV à écran plat.
Le contexte se prête donc à son remplacement prochain, société de consommation oblige...

D'autre part, Apple est prêt : 
- Ses produits ont massivement pénétrés les foyers du monde occidental.
Ils encerclent la TV : iMac sur le bureau, iPhone dans la poche, iPad sur le canapé. Un besoin existe pour faire communiquer tout ce petit monde et la marque connait maintenant les usages de ce marché "trés grand public".

- Apple besoin d'un relais de croissance.
L'iPod recule, l'iPhone est un produit mûr, l'iPad arrivera à maturité dans sa prochaine déclinaison.

- La technique est prête.
L'expertise dans le matos est évidente (la Pomme s'est fait les dents avec ses "Apple TV") et son méga-datecenter est prêt pour stocker et diffuser toutes vos données dans les nuages. 

Alors certes, quelques (gros) bémols subsistent : 
- Certains "devices" bien implantés verrouillent l'accès à la TV (les boxs en France, les TiVo aux States)
- Google s'est cassé les dents, et c'est pas rien.
- Les chaines de télévision accepterons difficilement que leur temps d'antenne soit (encore) grignoté par de nouveaux usages...

Mais un besoin existe et quelle est la meilleure société pour intégrer des technologies existantes de manière simple et homogène pour pondre une pépite, voir un diamant ?

mercredi 16 mars 2011

DraftSight : AutoCad "light" en gratuit !

Dassault Systemes, un des boss des logiciels de PLM (CAO et connexes), propose depuis peu un logiciel gratuit proche de AutoCAD, la référence dans le domaine (du géant AutoDesk).


Alors c'est sûr, ça ressemble à la version AutoCAD LT d'il y a quelques années (pas de 3D, pas de super-distortions...), mais ne gâchez pas votre plaisir si si vous voulez faire les plans de votre maison, manipuler des fichier DXF / DWG et autres.





Ca se passe donc ici pour récupérer DraftSight.

Testé et approuvé.

lundi 14 mars 2011

Je promets de ne jamais télécharger illégalement un film...

...s'il y avait une alternative légale respectant les critères suivants :
www.dontmakemesteal.com/fr/


Un peu utopique mais tout y est. Tout ce qu'ils n'ont pas compris.

mardi 8 mars 2011

Robotique : toujours plus loin...

Deux vidéos qui font bien flipper sur ce que la robotique est en train de devenir.

Le robot humanoïde "Geminoïd" : pas plus impressionnant que ça, sauf qu'au bout de quelques secondes, on se demande vraiment si c'est un robot. Et si vous regardez les autres vidéos sur le thème, ça ne va pas en s'arrangeant.



La "Google Car" : pas plus impressionnante que ça si ce n'est que... elle conduit toute seule !

samedi 29 janvier 2011

mercredi 5 janvier 2011

Trucage vidéo : toujours aussi bluffant...

Dans la même veine que ce petit billet, sorti il y a quelques temps, une nouvelle vidéo qui montre jusqu'où vont maintenant les effets spéciaux, même dans les séries TV, et surtout comment ils pénètrent la "réalité"...



Toujours bluffant !


Source : mikropicol.net

dimanche 19 décembre 2010

Google Body Browser : va chercher le nonosse !

Google Body Browser est le nouveau service innovant de Google qui permet de manipuler un mannequin virtuel en 3D. Vous affichez les couches que vous souhaitez (muscle, squelette, nerfs, os...), vous zoomer, vous cherchez (en anglais) les organes que vous voulez...


Un Google Maps du corps humain quoi !

mercredi 1 décembre 2010

Tour du Balaïtous : Arriel ULTRA !

Cette année encore, pour quelques jours de congés estivaux, j'ai choisi d’échapper à la masse infâme des hordes plagistes et de partir à la rencontre de notre vénérable massif des Pyrénées. Selon le désormais rituel (2008 - Tour du Mont Perdu et 2009 - Tour du Néouvielle), je vais partager avec vous les 4 jours de randonnée « gaillarde » que j'ai réalisée début août autour et au sommet du mythique Pic du Balaïtous - le premier qui toise les 3000 mètres en venant de l’ouest de la chaîne.

Je vais vous restituer notre aventure épique en quelques 5 billets d’un récit fleuri qui saura j’espère vous captiver, vous divertir, vous faire voyager, et qui sait, peut-être vous donner envie de nous rejoindre !



J4 - Arriel ULTRA !

Pas de bruine ce matin. Même pas de une goutte de rosée. On a dû passer sous le zéro cette nuit car à la place, de fins flocons de glace étoilent le matelas végétal de notre campement. Mais le soleil se hisse paisiblement au-dessus des crêtes et la fonction « dégivrage » est enclenchée pour réchauffer notre dernier petit déjeuner.

On fait une halte à proximité du refuge de la veille pour faire le plein de flotte et s’avancer vers le barrage de Respumoso. Nous devons le dépasser mais d'ici là, un gang de marmottes prend la pose pour distraire nos premiers pas. De ce coté de la chaîne, la saison hivernale n’a pas dû être trop rigoureux car ces chiens de prairie là boxent assurément en catégorie « poids-lourd ». Les bestioles ne sont pas farouches et on s’étonne autant de leur proximité que de leur capacité à rentrer leur imposant tour de taille dans d’aussi menus terriers. Le surnom de « marmottes » données aux filles la veille en devient du même coup peu flatteur…

Pour ces dernières d’ailleurs, ce début de matinée à un air de déjà vu : on dévale en fait les lacets qu’elles ont gravit pour venir. Aujourd’hui, on rentre à la maison et l’objectif est de trouver une amorce de chemin à flan de versant qui nous mènera au dernier col du périple avant une ultime bascule.
A force de descendre, on se dit qu’il va falloir monter et quelques tergiversations plus tard, on rentre dans le vis du sujet en attaquant une raide pente qui serpente en cernes serrées à l'ombre d'une bienveillante ombrelle boisée. Deuxième effet « Kiss Cool », on entend même une cascade qui ruisselle sur notre gauche.

Mais le rythme soutenu de nos pas nous amène bien vite à une altitude où le bois s’éteint et débouche sur de rases estives qui ne laissent rien présager de confortable.

Dès le début, ce chemin n’était pas tracé sur la carte. On pouvait s'en douter maisil ne l'est guère plus sur le terrain. Et passés les quelques massifs d’iris concentrés autour du fin ruisseau qui dévale l’estive, on commence à pister plus difficilement les cairns.


Même le Basque semble avoir son détecteur en rade et on sent bien que au fil des virages, le finish se fera en free-style. Le col qu'on cible est probablement la seule difficulté de la journée et le groupe met les bouchées doubles pour l'atteindre. Dans nos pas, les nénettes nous épatent toujours un peu plus et tiennent la dragées haute à tous les barbus du grupeto.




Même si nos sacs sont plus "légers", la pente nous met au supplice et comme l'heure tourne, son copain le soleil nous brise franchement les reins de ses rudes rais. Un peu au bout du rouleau, je passe en mode "mental" et cesse d'embarrasser mon ascension d’inutiles lacets. Dans ces moments difficiles, j'ai l'impression de pousser autant sur mes jambes que sur mes indispensables bâtons de marche. Mes pas lourds peinent même parfois à éviter les innombrables colchiques qui balisent la sente, sourires floraux dans l'enfer du champ de mottes qui se dressent devant nous.

Comme souvent la montagne est joueuse, et alors qu’on croit que le dernier relief aperçu sera le col final, on s’aperçoit que ce n’est qu’une étape de plus sur notre long chemin de croix : le fameux syndrôme du "faux-col" bien connu des montagnards en détresse (existe aussi en version « faux-sommet »). Le Graal est encore à 200 mètres, mais le plus dur est fait et bien vite on se vautre sur les rocs de notre objectif entre Pic de Sobe et Pic d'Arriel. Le passage n'a pas de nom sur la carte mais présente une vue hallucinante sur ce qu'on a gravit dans la journée. Et le sommet au nom de baril de lessive nous domine de toute sa classe et promet encore bien mieux aux plus vaillants d'entre nous.


Mais seuls le couple "basque" et le landais relève le défi qui les élèvera aux 2824 m du Pic d'Arriel, point le plus haut de leur journée. Alors que les feignants attaquent un bout de saucisson, l’escouade des valeureux s’éloigne péniblement jusqu’à devenir quelques grains colorés dans l’océan d’éboulis qui lui barre l’accès au sommet. Deux carrés de chocolat et quelques discussions anodines plus tard, leur trace est perdue. Ce n'est déjà plus que dans les songes de ma sieste que je les imagine en train de nous observer du haut de leur mirador.


Courants d'air et rayons de soleil se relayent agréablement pour tempérer notre paresse et on n'attend plus que le retour des vaillants pour vider les sacs des dernières victuailles et siphonner définitivement le rouge. A écouter le récit de Peïo sur la vue offerte par ce dernier sommet, j'en viens à regretter de ne pas avoir fait l'aller/retour. Mais s'en était trop pour moi et je me contenterai de me régaler de ses photos, qui offre en effet un panorama impressionnant sur une belle partie de notre trip.

Le dessert avalé, alors que nous promenons nos regards sur la vaste plaine espagnole, une large ombre se projette sous nos yeux. C’est un vautour qui traverse, quelques pieds plus haut dans les cieux. On s’émerveille devant le majestueux spectacle de ses rondes entêtantes. Mais à peine a-t-on levé la nifle au ciel qu’un autre charognard déboule. Et 5 minutes plus tard, c’est une douzaine de méga-piafs qui tourbillonne en ronds serrés.


Nous ne réalisons ce qui se passe que quand l’escadrille fond 200 mètres plus bas sur je ne sais quelle bestiole refroidit depuis peu. Le spectacle est magique mais nous invite surtout à rembarquer nos peaux de saucisson - négligemment laissée entre deux caillasses - effrayés de pouvoir avoir affaire aux planeurs nécrophages.
On quitte le col pour franchir une dernière fois la frontière et le paysage mute encore une fois, plus aride mais offrant une vue gigantesque sur le titan de l’Ossau, loupée lors de la montée pour cause de sous-couche nuageuse tenace. La silhouette du « Jean-Pierre » - son petit surnom - n’a pas bougé. Il est planté seul dans son massif, comme un caïd qui aurait fait la place dans son quartier. Sous le soleil du mois d'août, il flambe aux yeux des foules béates qui se pressent de Soques ou d'Ayous pour l’admirer sous toutes ses facettes. Si l'aventure vous tente, prévoyez quand même une belle journée de rando...

La descente finale du grand vallon est interminable. Le trajet nous semble deux fois plus long qu’à l’aller bien qu’on le dévale au pas de gymnastique. Autant ce bol d’air de quatre jours a fait un bien fou, autant, comme après de longues vacances à l’autre bout du monde, quand vient l’heure de rentrer, le temps se met à presser.


On s’étonne de la rudesse du bois et on comprend bien que l’enthousiasme de la première heure de montée, 4 jours auparavant, a masqué la difficulté. Mais dans ce sens, c’est du gâteau. Un gâteau un peu lourd pour nos quadriceps engorgés de fatigue, mais qu’on déguste quand même pour ces dernières longueurs en liberté. Bientôt, on aperçoit les virages goudronnés qui conduisent au Pourtalet et nos autos stockées en contrebas.
Le temps d'un dernier apéritif partagé - dans l'agréable demeure larunsoise des parents de Marie - , d'une dernière accolade et les plus irréductibles partent enterrer ce fabuleux trip au cour d'une mémorable soirée bigourdane !

A l'année prochaine pour un Tour de plus, vers l'Aneto ou... ailleurs !