vendredi 29 août 2008

Tour du Mont Perdu : J4 - Retour à la base...

J4 : Retour à la base

Dernier jour. Et il ne s'agit pas de lambiner. La demi-figue "binouze" de la veille promet de ne pas nous propulser à 100% de nos capacités. Aussi, nous décidons de nous réveiller à 6H pour un décollage à 7H, histoire de pas lutter en plus contre le soleil dans les premiers décamètres de dénivelés.

Au moins, avec la première partie de ce quatrième jour, il n'y a pas de tricherie sur la marchandise. Un splendide raidillon de 1000 m, 2 cascades qui aspergent le tout. Au moins, tu sais où tu vas.

Mais le chemin est très bien tracé, et ses « Z » d'une régularité calligraphique nous mènent au sommet sans sourciller.

On y admire en aval tout le chemin parcouru - avec un peu de fierté tant on a du mal à percevoir le terrain de camping de la veille - et en amont le monstre Perdu et son pote « le Cylindre ». Deci delà, quelques stèles témoignent de la mémoire de quelques braves montagnards espagnols et de l'aspect mine de rien épique de la balade.

Le lac du Marboré, dit lac glacé, n'est plus loin, . Dix minutes plus tard, nous admirons ses eaux limpides d'un bleu lagon n'ayant rien à envier aux Maldives, si ce ne sont peut-être quelques futiles degrés.

Les rives de cette vasque de rêve accueillent notre dernier casse-croûte qui ne laisse que quelques cacahuètes pour un hypothétique « 4 heures ». Le Grand Lapin et le Basque en profite pour nous brieffer de manière fort didactique, comme ils n'ont cessés de le faire, sur les topos pyrénéens à portée de crampons. Avec ces deux là, il est clair que tu peux "voyager".

Notre retour vers la France passe maintenant par la "Brêche de Tuquerouye". Pour accéder à celle-ci, on doit contourner le lac par la droite. On assiste alors à un spectacle surréaliste : à travers la jolie faille, au gré de quelques coups de zef, un nuage français s'étiole doucement, en quelques fins lambeaux, dans le grand ciel bleu de la patinoire espagnole. On comprend mieux dans ces moments comment une simple frontière peut justifier des changements climatiques parfois radicaux.

Le temps de grimper une dernière raillière - raidillon gaillard constitué de caillasses- et nous nous retrouvons nichés au creux de l'entaille. Un refuge moderne permet ici d'assurer le repos des éventuels guerriers francs partant à l'assaut des sommets espagnols. Une rapide visite nous permet de constater qu'il offre un confort douillet pour cette altitude, mais pas de toilettes, ce qui justifie la forte odeur d'urine et les nombreux cairns bruns et "rose pq" des alentours.

Ici, le contraste climatique est saisissant et nous prenons quelques photos panoramiques du grand ciel bleu ibère et du bas plafond nuageux du côté français. Le temps de déguster et, non sans avoir poussé une petite Marseillaise, nous nous élançons dans l'abrupt couloir qui nous conduira au-dessus du lac des Gloriettes, et dans un second temps vers Gavarnie.

Un yoyo de plus donc, au son de quelques marmottes surexcitées par le passage des nombreux touristes. On se rapproche de Gavarnie et ça se sent. Mais on sait aussi que c'est la dernière montée et la dernière occasion de se tirer la bourre. Les deux grandets font parler la poudre en avant du cortège, alors que pour ma part, je roule en tandem avec le Chuck. Un peu plus loin, Vince et Dam's font toujours preuve de leur exemplaire combativité.

Malgré la punition qu'on s'inflige, mon barbu de coéquipier lâche rien, et c'est avec une certaine émotion et les tripes à l'air qu'on débouche quelques dizaines de minutes plus tard sur le col des "Hourquettes d'Alans". Une fois de plus, la magie opère : fantastique vue sur la vallée de Gavarnie et une belle partie de son cirque. On devine même, pile en face de l'autre côté du massif, le parking sur lequel nous avons laissé les carrosses 4 jours avant ! Que de chemin parcouru.

Mais il reste du chemin à parcourir. Dans les 1100 m de dénivelés pour atteindre le parking. Et ça, ça énerve le Basque, qui trouve rien de mieux que de rejoindre l'étape du refuge des Espuguettes face à la pente, à la Edgard GROSPIRON. Ah ! Au moins ça va vite. Même les vaches qu'on a croisées se demandait si on allait les les attaquer...

Mais tout ça a de quoi vous tasser les orteils en tête de godasse comme jamais et j'ai pour le coup mieux imaginé ce que vivait certaines femmes chinoises.

On savoure les dernières longueurs "grand public" à pas mesurés, dans les flancs ombragés du "Bois de Pailla" pour finir notre dégoulinade, enfin tout de même, sur l'autoroute de Gavarnie - fort trop fréquentée en ces temps estivaux.

Je ne m'étendrai pas sur la fin "en queue de poisson" de notre séjour, puisque - n'ayons pas peur des mots - le manque de vision stratégique de nos guides m'a coûté 1 heure de stop en bord d'une route qui ne menait nulle part, dans un fond d'air pour le moins "saisissant". En effet, quand vous laissez au jour "J" les 2 voitures qui vous ont emmené en haut d'un col au bas duquel vous allez arriver à "J+4", et bien vous vous retrouvez dans la MOUISE, ce même "J+4".

Dans ces conditions, la petite balade se finit donc en taxi à "éviter de faire un méchoui" avec les moutons transhumants dixit le chauffeur du taxi, régional de l'étape puisque honorable maire de Gavarnie-Village.


En somme, que du bonheur vous dis-je ! Et je ne peux que vous encourager une fois de plus à tenter l'aventure du Tour du Mont Perdu.

Le diaporama de cette journée...



En espérant vous avoir fait voyager et incité à prendre le sac-à-dos !
FIN

1 commentaire:

bali a dit…

bravo canard pour ce récit des plus réussi de notre escapade aoutienne
de beaux moments dans des paysages extras avec une convivialité exemplaire !

l année prochaine on fait "l effort" avant les fetes de bayonne... c'est déjà dans l agenda et je passerai en mode cathare pour être dans la roue du basque et du grand secaï....
vive le rebenty et surtout les pyrénées